Conditions d'éligibilité

1- Condition de la Nationalité tunisienne : le candidat à la présidence de la République doit être tunisien, jouissant exclusivement de la nationalité tunisienne, de père , de mère, de grand-pères paternel et maternel tunisiens, demeurés tous de nationalité tunisienne sans discontinuité (article 40 de la Constitution).

2- Condition d'âge : le candidat doit être, le jour du dépôt de la candidature, âgé de 40 ans au moins et de soixante quinze ans au plus (article 40 de la Constitution) .

3 - Condition de jouissance des droits civils et politiques : le candidat doit jouir de tous ses droits civils et politiques (article 40 de la Constitution).

4 - Condition de religion : le candidat doit être de religion musulmane (article 40 de la Constitution).

5 - Cautionnement : chaque candidat doit verser un cautionnement de 5000 dinars qui lui sera remboursé au cas où il a obtenu 3% au moins des suffrages exprimés (article 66 du code électoral).

6- Présentation du candidat par des élus : le candidat est présenté par des élus, selon les modalités et les conditions fixées par la loi électorale. Le code électoral prévoit en son article 66 que le candidat doit être présenté, à titre individuel au collectif par au moins trente citoyens, membres de la chambre des députés ou présidents de conseils municipaux (article 40 de la Constitution).

Dérogations
A l'initiative du Président Ben Ali, une loi constitutionnelle dérogatoire a été votée en 1999, permettant, pendant une phase transitoire, de multiplier les candidatures à la Présidence de la République lors des élections de 1999 sans que le candidat ait besoin d'être présenté par 30 élus. Ont ainsi été habilités à se porter candidat, à titre exceptionnel, le premier responsable d'un parti politique qu'il en soit le président ou le secrétaire général, sous réserve qu'il exerce le jour de dépôt de la candidature, ses fonctions depuis cinq années consécutives et que le parti ait au moins un député à la Chambre des députés.

Pour l'élection présidentielle de 2004, une loi constitutionnelle portant dispositions dérogatoires au troisième alinéa de l'article 40 de la constitution est intervenue le 13 mai 2003 pour assouplir davantage les conditions de candidature et renforcer le pluralisme de la présidentielle. Ainsi, à défaut de remplir la condition de présentation du candidat prévue au troisième alinéa de l'article 40 de la constitution, chaque parti politique peut, à titre exceptionnel présenter pour les élections présidentielles de l'année 2004 la candidature d'un des membres de son instance exécutive supérieure, à condition que l'intéressé soit en exercice de cette responsablilité le jour du dépôt de sa demande de candidature depuis au moins cinq années consécutives et que le parti ait à la Chambre des députés un député ou plus lui appartenant. L'appartenance du député à un parti est celle considérée au moment de la présentation de sa candidature aux élections législatives.

7 - Présentation de la candidature au Conseil constitutionnel : la déclaration de candidature est consignée dans un registre spécialement tenu à cet effet au Conseil constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel statue sur la validité des candidatures, proclame le résultat du scrutin et se prononce sur les requêtes qui lui sont présentées à ce sujet conformément aux dispositions de la loi électorale (article 40 de la Constitution).

Modalités et scrutin
Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct et secret, et à la majorité absolue des voix exprimées, au cours des 30 derniers jours du mandat présidentiel (article 39 de la Constitution). Dans le cas où cette majorité n'est pas obtenue au premier tour du scrutin, il est procédé le deuxième dimanche qui suit le jour du vote à un second tour. Ne peuvent se présenter au second tour que les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour, compte tenu des retraits, le cas échéant, et conformément à la loi électorale.

Le Président de la République est rééligible.
En cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d'empêchement absolu, le Conseil constitutionnel se réunit immédiatement et constate la vacance définitive à la majorité absolue de ses membres. Il adresse une déclaration à ce sujet au président de la Chambre des conseillers et au président de la Chambre des députés qui est immédiatement investi des fonctions de la Présidence de la République par intérim, pour une période variant entre quarante-cinq jours au moins et soixante jours au plus.

Durant cette période des élections présidentielles sont organisées pour élire un nouveau Président de la République pour un mandat de cinq ans.